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MaPrimeRénov copropriété : conditions et parcours 2026

Peu de temps ? Voici l’essentiel
  • MaPrimeRénov version copropriété finance des travaux copropriété votés en assemblée générale sur les parties communes et équipements collectifs.
  • Le dossier est porté par le syndicat des copropriétaires, via le syndic, et non par les occupants au cas par cas.
  • Les conditions d’éligibilité clés : immeuble de plus de 15 ans, immatriculation au RNC, majorité de résidences principales, absence de procédure d’insalubrité, et gain énergétique ≥ 35%.
  • Un Accompagnateur Rénov’ (AMO) est obligatoire et peut être subventionné à 50% selon plafond.
  • Les aides financières sont calculées sur le montant HT avec plafonds par lot, et des subventions bonus existent en cas de sortie de passoire ou d’atteinte d’un niveau très performant.
  • Les délais constatés entre dépôt et solde vont souvent de 9 à 18 mois, donc la trésorerie doit être anticipée (ex. éco-PTZ collectif).

Dans beaucoup d’immeubles, la rénovation énergétique n’est plus un “projet confortable”. Elle devient un sujet de charges, de confort d’hiver, et d’attractivité à la revente. Or, lorsqu’une copropriété vise une baisse sensible des consommations, les décisions s’empilent : audit, scénarios, vote, entreprises, financement, puis suivi de chantier. Dans ce paysage, MaPrimeRénov copropriété reste l’une des aides financières les plus structurantes, car elle traite le bâtiment comme un système.

Pourtant, le parcours 2026 demande une rigueur quasi “industrielle”. D’un côté, l’ANAH attend un dossier complet, conforme et cohérent. De l’autre, le syndicat doit composer avec le calendrier des assemblées générales, la disponibilité d’entreprises RGE, et des copropriétaires parfois inquiets d’une avance de trésorerie. Le dispositif récompense les projets solides, et sanctionne les approximations. Dans les sections suivantes, les étapes, conditions, montants, délais et points de blocage sont abordés avec une logique de terrain, pour transformer une intention en plan d’action.

En bref

  • Le volet collectif cible les parties communes et équipements, au service de la transition énergétique de l’immeuble.
  • Le gain d’efficacité énergétique minimal attendu est un pivot : sans 35%, l’aide principale n’est pas déclenchée.
  • Le syndic est le pilote administratif ; l’Accompagnateur Rénov’ sécurise la méthode et les livrables.
  • Les subventions s’appuient sur des taux, des plafonds par lot, et des bonus de performance.
  • Les erreurs typiques (audit non conforme, devis non RGE, PV imprécis, travaux lancés trop tôt) coûtent des mois, voire l’aide.
Sommaire :

MaPrimeRénov copropriété : ce que finance réellement le dispositif collectif

Le volet copropriété de MaPrimeRénov finance des travaux décidés collectivement, donc portés par le syndicat des copropriétaires. Cette logique change tout. D’abord, le bâtiment est traité comme un ensemble, ce qui permet de viser une vraie efficacité énergétique et une baisse des charges plus stable. Ensuite, la prime est versée au syndicat, puis répartie selon les tantièmes, ce qui rend la mécanique lisible en comptabilité de copropriété.

Concrètement, le dispositif cible les parties communes, les équipements collectifs, et parfois des éléments privatifs lorsque l’intérêt est collectif. Par exemple, une colonne de ventilation ou un réseau de distribution de chauffage traverse des lots privés, mais son amélioration sert l’immeuble entier. Cette approche est aussi celle des audits énergétiques modernes, qui évaluent les interactions entre enveloppe, ventilation et système de chauffage. Sans cette vision d’ensemble, la performance reste souvent “sur le papier”.

Travaux copropriété éligibles : du bâti au système, sans oublier la ventilation

Les postes les plus fréquents sont connus, pourtant leurs impacts sont souvent sous-estimés. L’isolation de la toiture réduit fortement les pertes, surtout dans les immeubles des années 1960 à 1990. L’isolation des façades par l’extérieur, quant à elle, traite aussi les ponts thermiques, donc les zones froides en périphérie des planchers. De même, l’isolation des planchers bas améliore le confort au rez-de-chaussée et réduit la sensation de sol froid.

Ensuite, le chauffage collectif pèse lourd dans le bilan. Un remplacement vers une solution plus performante, comme une pompe à chaleur collective ou une chaufferie optimisée, peut faire basculer le projet. Cependant, le système n’est jamais une simple “boîte” à changer. Il faut aussi parler d’équilibrage hydraulique, de régulation, et parfois de calorifugeage. Ces détails jouent sur les consommations réelles, donc sur la crédibilité du scénario.

Enfin, la ventilation reste le poste qui évite les rénovations “asphyxiantes”. Une VMC bien pensée limite les moisissures et stabilise la qualité d’air. Or, une enveloppe plus étanche sans ventilation adaptée dégrade vite les logements. Voilà pourquoi, dans une stratégie de rénovation énergétique, la ventilation mérite un statut de priorité, au même titre que l’isolation.

Fil conducteur : la copropriété “Les Tilleuls” face à des charges qui montent

Prenons un cas réaliste : l’immeuble “Les Tilleuls”, 24 lots, chauffage collectif vieillissant, et des appartements qui surchauffent l’été. Le conseil syndical hésite entre un simple changement de chaudière et un bouquet plus ambitieux. Or, l’audit montre que la toiture et les façades concentrent l’essentiel des pertes. Ainsi, un bouquet combinant isolation et modernisation du chauffage donne un gain supérieur, et ouvre des subventions plus intéressantes.

Dans cette situation, les copropriétaires comparent deux budgets : un coût immédiat et un coût d’exploitation sur 10 à 15 ans. Cette grille de lecture change les débats. D’un côté, les travaux ont un prix. De l’autre, la réduction des consommations et l’amélioration du confort donnent une valeur durable. C’est souvent là que le dispositif prend son sens : financer un projet cohérent plutôt qu’une succession de gestes isolés. Un projet collectif réussi se lit dans la baisse de charges, pas seulement dans une ligne de devis.

Une fois le périmètre des travaux clarifié, la question suivante devient décisive : qui peut déposer, avec quelles pièces, et selon quelles conditions d’éligibilité au parcours 2026 ?

Conditions d’éligibilité MaPrimeRénov copropriété : règles 2026 à vérifier avant l’AG

Les conditions d’éligibilité se vérifient avant même de parler de devis. Cette étape évite des votes inutiles et des frustrations en fin de parcours. Le dispositif se concentre sur des copropriétés à usage principal d’habitation. Par conséquent, un immeuble dominé par des locaux tertiaires, ou par des résidences secondaires, sort souvent du cadre. Il ne s’agit pas d’un détail administratif, mais d’un filtre déterminant dès l’ouverture du dossier.

Un autre point revient sans cesse : l’âge de l’immeuble. Le bâtiment doit être achevé depuis plus de 15 ans au moment exigé par la procédure. En parallèle, l’immatriculation au registre national des copropriétés (RNC) est incontournable. Sans cette immatriculation, le dossier ne peut pas être instruit. De plus, si les informations au RNC ne sont pas à jour, des demandes de compléments apparaissent, et le calendrier dérape.

Résidences principales : seuils selon la taille de la copropriété

La règle la plus citée est celle des 75% de résidences principales. Néanmoins, une nuance existe pour les petites copropriétés. Pour les ensembles de 20 lots ou moins, le seuil peut descendre à 65% de résidences principales, selon les cadres publiés côté Service Public. En pratique, cela peut “sauver” un petit immeuble très mixte, à condition de documenter clairement la situation. Dans tous les cas, un comptage propre et traçable évite les contestations en assemblée.

Il est utile de relier ce critère à la réalité du bâti. Une copropriété très touristique a des usages intermittents. Or, l’intérêt public de la subvention vise d’abord les logements occupés à l’année. Cette logique explique le filtre. Ainsi, mieux vaut vérifier le taux avant de payer un audit, car ce coût, même aidé, reste un engagement.

Gain énergétique minimal : l’audit conforme comme “pièce maîtresse”

Le gain exigé d’au moins 35% de consommation en énergie primaire structure tout le montage. Ce seuil, rappelé par les textes récents, ne laisse pas de marge d’interprétation. Donc, un projet “sympathique” mais trop léger ne passe pas. Un simple DPE collectif ne suffit pas non plus. L’ANAH attend un audit conforme au référentiel réglementaire, avec des scénarios, des hypothèses explicites, et une méthode compatible avec les exigences en vigueur.

Pour “Les Tilleuls”, l’audit met en évidence qu’un remplacement de chaudière seul ne franchit pas le seuil. En revanche, l’ajout d’une isolation de toiture et d’une ventilation adaptée fait passer le gain à plus de 35%. Ce résultat change le débat en AG. De plus, il sécurise la cohérence technique : une enveloppe plus performante réduit la puissance nécessaire, donc autorise un dimensionnement plus pertinent du système.

Accompagnateur Rénov’ obligatoire : une exigence, mais aussi un filet de sécurité

Depuis le 1er janvier 2024, le recours à un Accompagnateur Rénov’ agréé est obligatoire en copropriété. Derrière ce terme, on retrouve souvent une assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) structurée. Sa mission est claire : cadrer le projet, assembler les pièces, coordonner le dépôt, puis suivre l’exécution jusqu’aux documents de fin. Ce rôle fluidifie aussi les échanges entre syndic, conseil syndical, bureau d’études, et entreprises.

Le coût de cette AMO peut être subventionné à 50%, avec des plafonds qui varient selon la taille de la copropriété. Par exemple, des plafonds par logement existent, ainsi qu’un montant plancher. Cette aide rend l’accompagnement plus accessible. Cependant, elle n’élimine pas la nécessité de choisir un opérateur expérimenté. Un bon AMO ne “remplit pas des cases”. Il anticipe les demandes de compléments et évite les incohérences qui coûtent des mois.

Une fois l’éligibilité sécurisée, la question la plus sensible arrive vite : combien la copropriété peut-elle obtenir, et comment se calcule réellement l’aide sur le budget des travaux ?

Montants et subventions MaPrimeRénov copropriété : calcul, plafonds et bonus de performance

Les aides financières de MaPrimeRénov en copropriété se comprennent mieux en séparant trois étages : la base, les plafonds, puis les bonus. D’abord, la subvention se calcule sur le montant HT des travaux retenus, avec un taux qui dépend de la typologie du projet. Ensuite, ce calcul est plafonné par lot, ce qui évite qu’un programme très coûteux ne fasse exploser la dépense publique. Enfin, des bonus récompensent certains sauts de performance, ce qui aligne la prime sur l’objectif de transition énergétique.

Dans les échanges en AG, une confusion revient souvent : la prime “par lot” n’est pas un chèque direct versé à chaque occupant. Elle est versée au syndicat, puis imputée en comptabilité et répartie selon les tantièmes. Ainsi, un copropriétaire n’obtient pas “la même somme” que son voisin si les quotes-parts diffèrent. Cette mécanique est normale, mais elle doit être explicitée, sinon les débats se crispent sur une fausse égalité.

Taux de base et plafonds par logement : lecture opérationnelle

Les grilles diffusées par les organismes publics et par France Rénov’ permettent de poser un cadre. À titre pratique, une isolation seule ou un remplacement de système collectif peuvent se situer autour de 25% avec un plafond de travaux par lot. En parallèle, un bouquet de travaux comprenant au moins deux postes peut viser un taux supérieur, par exemple 30%, avec un plafond par lot plus élevé. Ces ordres de grandeur servent à tester la faisabilité financière avant de lancer un appel d’offres.

En outre, l’audit et l’AMO ont leur propre logique d’aide, souvent autour de 50% dans la limite des plafonds applicables. Ce point compte, car ces dépenses arrivent tôt dans le calendrier. Autrement dit, elles précèdent parfois le vote définitif des travaux. D’où l’intérêt d’un planning clair et d’une stratégie de décision en deux temps, surtout lorsque le conseil syndical veut “verrouiller” la qualité des études.

Tableau repère : taux usuels et plafonds (lecture 2026)

Repères de calcul pour MaPrimeRénov copropriété (dossiers déposés dans le parcours 2026)
Isolation seule (toiture, murs, planchers) : taux de base souvent 25%, plafond travaux par lot fréquemment 15 000 € HT.
Système de chauffage/ECS collectif : taux de base souvent 25%, plafond travaux par lot fréquemment 15 000 € HT.
Bouquet de travaux (au moins 2 postes) : taux de base souvent 30%, plafond travaux par lot fréquemment 25 000 € HT.
Audit énergétique + AMO : aide souvent 50% du coût HT, dans la limite des plafonds ANAH applicables (plafonds par logement et plancher selon taille).

Bonus : sortie de passoire et niveau “bâtiment basse consommation”

Les bonus jouent un rôle d’accélérateur. Un bonus d’environ +10% peut s’appliquer si l’immeuble sort d’une étiquette F ou G pour atteindre au moins D après travaux. Un autre bonus de +10% peut viser un niveau très performant, par exemple une étiquette B. Cependant, ces bonus ne se cumulent pas entre eux. En revanche, ils s’ajoutent au taux de base, ce qui change nettement le plan de financement.

Pour “Les Tilleuls”, l’audit initial classe l’immeuble en F. Le scénario retenu vise D après travaux. Dans ce cas, le bonus “sortie de passoire” devient un argument. Il donne aussi un cap technique, car il oblige à éviter les demi-mesures. Ainsi, le projet ne se limite plus à réduire la facture. Il améliore durablement la valeur d’usage et la résilience du bâtiment.

Exemple chiffré : comment lire l’aide sur un budget de travaux

Prenons un programme de travaux copropriété à 400 000 € HT pour 20 lots, soit 20 000 € HT par lot. Le bouquet inclut isolation et remplacement du chauffage collectif. Le gain atteint 42%, et la sortie de passoire est validée. Le taux devient alors 30% + 10% de bonus, soit 40%. L’aide totale atteint 160 000 €, soit 8 000 € “équivalent par lot” avant répartition réelle par tantièmes.

Ce type d’exemple rend les discussions plus rationnelles. Toutefois, il faut ajouter la question de trésorerie : la prime n’est pas versée le lendemain du vote. Donc, la copropriété doit prévoir l’avance. C’est précisément le sujet du calendrier, des délais et de l’outillage financier, qui arrive ensuite.

Quand le plan de financement est posé, la réussite dépend surtout de la méthode : votes, dépôt, instruction, chantier, puis versement. Le rôle du syndic devient alors central, et chaque oubli se paye en semaines.

Parcours 2026 côté syndic : votes, dépôt ANAH, pièces et pilotage des délais

Le parcours 2026 en copropriété repose sur une discipline de procédure. Le syndic est l’interlocuteur de l’ANAH. Il porte le dossier au nom du syndicat, centralise les documents, et répond aux demandes de compléments. En parallèle, il doit sécuriser les votes en assemblée générale, ce qui suppose une préparation en amont avec le conseil syndical et l’AMO. Sans cette préparation, le risque est simple : des résolutions mal rédigées, donc un PV contestable, donc un dossier ralenti.

La loi encadre les majorités. Selon la nature des travaux, un vote à la majorité de l’article 25 peut être requis, avec un mécanisme de second vote à l’article 24 si un seuil minimal est atteint. Par ailleurs, certains travaux de rénovation énergétique ont vu leurs modalités de vote facilitées ces dernières années, ce qui vise à accélérer la transition énergétique du parc. Néanmoins, une majorité “sur le fil” fragilise parfois l’acceptabilité du chantier. Ainsi, un travail pédagogique en amont reste utile, même lorsque la règle juridique est favorable.

Chronologie concrète : de l’audit au solde, sans brûler les étapes

La séquence type commence par l’audit énergétique conforme, puis par la définition d’un scénario cible et d’un budget. Ensuite, l’AG vote le principe, puis vote les travaux avec un descriptif suffisamment précis. Après cela seulement, le syndic dépose la demande sur le portail de l’ANAH. Ce point est non négociable : aucun démarrage de travaux ne doit avoir lieu avant l’accord, ou l’attestation prévue lorsque le dépôt complet est validé.

Ensuite, l’instruction démarre, puis le chantier peut être engagé. Enfin, une fois les travaux terminés, les factures acquittées et les justificatifs fournis, le solde est versé au syndicat. Sur le terrain, cette dernière étape est parfois plus lente que prévu, surtout si des pièces manquent. D’où l’intérêt d’un “dossier de fin de chantier” préparé au fil de l’eau, et non reconstitué à la dernière minute.

Délais réels observés : ce que les copropriétaires doivent entendre en AG

Les délais officiels paraissent souvent rassurants, toutefois l’expérience de nombreux syndics et AMO montre des cycles plus longs. L’instruction peut prendre 4 à 6 mois. Le chantier dure souvent 3 à 9 mois, selon l’ampleur et les aléas. Puis la vérification des pièces et le versement du solde ajoutent souvent 2 à 4 mois. Au total, le dépôt jusqu’au solde peut aller de 9 à 18 mois.

Cette réalité change l’équation financière. La copropriété doit avancer les fonds, alors même que la prime arrivera plus tard. Pour cette raison, l’éco-PTZ collectif devient un outil pratique pour lisser la trésorerie. Dans “Les Tilleuls”, le syndic propose un montage combinant appels de fonds et prêt collectif. Ainsi, l’avance est couverte, et les tensions en AG diminuent.

Points de contrôle du syndic : la checklist qui évite les retards

Une méthode simple consiste à formaliser une liste de contrôle, validée avec l’AMO. Elle protège le calendrier et la qualité. Elle sert aussi de base de dialogue avec les entreprises. Enfin, elle réduit les surprises en phase solde, car les pièces attendues sont anticipées.

  • Immatriculation RNC vérifiée et actualisée avant tout dépôt.
  • Audit énergétique conforme au référentiel attendu, avec scénarios et hypothèses explicites.
  • Devis signés uniquement avec des entreprises RGE sur chaque lot concerné.
  • PV d’AG précis : vote des travaux, budget, autorisation de dépôt, et mandat de signature.
  • Dépôt ANAH effectué avant démarrage, puis conservation de la notification d’accord.

Cette rigueur n’est pas du formalisme vide. Elle transforme un dispositif d’aides en projet maîtrisé. À ce stade, une question revient : comment articuler la prime collective avec les démarches individuelles, et comment éviter les erreurs qui bloquent tout ?

La vidéo ci-dessus aide souvent à visualiser l’enchaînement des étapes. Toutefois, le montage devient encore plus intéressant quand il est combiné avec des dispositifs complémentaires et des aides individuelles ciblées.

Cumul des aides financières et erreurs fréquentes : sécuriser un projet de rénovation énergétique en copropriété

Un plan de financement solide s’appuie rarement sur une seule ligne. Certes, MaPrimeRénov copropriété forme le socle, mais d’autres leviers existent, notamment les CEE et certains prêts. Le sujet est sensible, car un “cumul mal compris” peut conduire à des attentes irréalistes. Or, une copropriété a surtout besoin d’un budget robuste et vérifiable, pas d’une promesse floue.

Les certificats d’économies d’énergie (CEE) sont en principe cumulables avec la prime copropriété. Cependant, ils interagissent avec l’assiette de calcul. Autrement dit, la prime CEE peut venir réduire la base sur laquelle la subvention ANAH est calculée, ce qui diminue légèrement le montant final de MaPrimeRénov. Malgré cela, le cumul reste souvent gagnant, car il augmente le total d’aides perçues. Cette subtilité doit être expliquée, sinon les copropriétaires croient à un “double financement” au même taux.

Parcours copropriété vs parcours individuel : complémentarité, pas concurrence

Le volet collectif ne tient pas compte des revenus pour l’aide de base, ce qui simplifie la lecture. En revanche, un copropriétaire peut vouloir faire des travaux dans son appartement en parallèle. Dans ce cas, il peut relever d’un parcours individuel MaPrimeRénov, avec ses plafonds et ses critères. Par exemple, remplacer une chaudière individuelle, isoler par l’intérieur un mur pignon, ou changer des fenêtres privatives peut s’ajouter au projet collectif, si cela n’est pas déjà financé au même titre.

De plus, des primes individuelles peuvent exister pour aider des copropriétaires modestes à payer leur quote-part de travaux collectifs. Les barèmes de ressources s’appuient sur le revenu fiscal de référence de l’année N-1, donc sur les revenus 2025 pour une demande faite en 2026. Les plafonds diffèrent entre Île-de-France et hors Île-de-France. Ainsi, un ménage “jaune” ou “bleu” peut obtenir un complément, ce qui améliore l’acceptabilité sociale du projet.

Les quatre blocages qui reviennent le plus dans les dossiers

Les retours de terrain convergent sur quelques causes de rejet ou de mise en attente. D’abord, l’audit non conforme. Un document trop léger, ou basé sur un cadre inadapté, se fait recaler. Ensuite, un devis non RGE sur un lot éligible peut bloquer l’ensemble, car l’ANAH exige une cohérence totale sur les postes financés. Par ailleurs, un PV d’AG flou entraîne des demandes de précisions, donc des semaines perdues.

Enfin, le démarrage prématuré des travaux reste l’erreur la plus coûteuse. Sous pression d’un planning, certains lancent un chantier après un simple accord “de principe”. Or, le dispositif impose l’accord dans les formes. Une copropriété qui commence trop tôt peut perdre l’aide définitivement. C’est dur, pourtant c’est évitable avec une gouvernance claire et un calendrier réaliste.

Étude de cas : comment “Les Tilleuls” a évité le piège du chantier lancé trop tôt

Dans l’immeuble “Les Tilleuls”, une entreprise propose un démarrage rapide “pour bloquer les équipes”. Le conseil syndical est tenté, car l’hiver approche. Toutefois, l’AMO rappelle le risque : une pose d’échafaudage peut déjà être considérée comme un commencement. Le syndic décide alors de sécuriser la notification, et de négocier une réservation de planning sous forme de lettre d’intention sans travaux.

Ce choix a un coût d’opportunité, car il repousse la date de début. Cependant, il protège la subvention. Au final, la copropriété obtient l’accord, démarre le chantier plus tard, et conserve ses aides financières. L’insight est simple : en rénovation, le temps “administratif” fait partie du projet technique. Ignorer ce temps fragilise tout le montage.

Pour compléter ce panorama, certaines réponses rapides aux questions courantes évitent des malentendus, notamment sur le dépôt du dossier, le rôle de l’AMO et la logique des cumuls.

Qui dépose la demande MaPrimeRénov copropriété et à quel moment ?

La demande est déposée par le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic, sur le portail de l’ANAH. Le dépôt doit intervenir avant tout démarrage de travaux. Ensuite, l’instruction commence, puis les travaux peuvent être engagés une fois l’accord obtenu dans les formes prévues.

Quel est le gain minimal d’efficacité énergétique pour être financé ?

Le projet doit atteindre un gain d’au moins 35% de consommation en énergie primaire, justifié par un audit énergétique réalisé avant travaux, puis confirmé après travaux. Sans ce seuil, le dossier n’entre pas dans le cadre standard de la prime copropriété.

Les CEE sont-ils compatibles avec MaPrimeRénov copropriété ?

Oui, le cumul est possible. Toutefois, la prime CEE est généralement prise en compte dans l’assiette de calcul de la subvention ANAH, ce qui peut réduire légèrement le montant de MaPrimeRénov. Malgré cette interaction, le total des aides reste souvent plus favorable.

Un copropriétaire peut-il demander une aide en plus pour son appartement ?

Oui, un copropriétaire peut engager des travaux privatifs via le volet individuel de MaPrimeRénov, en complément des travaux collectifs, si les postes ne sont pas financés deux fois pour le même objet. Par ailleurs, des aides individuelles peuvent aussi soutenir certains ménages modestes pour financer leur quote-part de travaux collectifs.

Combien de temps faut-il compter entre dépôt et versement du solde ?

Les retours de terrain placent souvent le délai global entre 9 et 18 mois, selon la délégation territoriale, la qualité du dossier et la durée du chantier. L’instruction peut durer 4 à 6 mois, puis le solde arrive après vérification des factures et justificatifs, souvent 2 à 4 mois après la fin des travaux.

« En copropriété, la meilleure énergie est celle que l’immeuble n’a plus besoin d’acheter. »

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